mercredi 27 novembre 2024

REMINISCENCE



A ma mémoire ces beaux jours d’antan
Dans le crépuscule de ces aubes roses
En ces clairs matins, moiteur au levant
Aux aurores naissantes, leurs apothéoses.
 
Ils me reviennent ces instants subtils,
Ce temps échappé, qui fit mon enfance
Dans le nid ouaté, ces rêves fragiles
Enveloppés de désirs et d’espérance.
 
Éphèbe, dans ma jeune tête blonde
Je m’enivrais de ces cieux azureux
Consumant tout le bonheur du monde
Au fruit du hasard sur des jours heureux.
 
Je n’oublie pas, cette fragrance capiteuse.
La grâce du zéphyr sur l’allée du jardin
Ce ciel radieux et l’odeur vaporeuse,
De la glycine mauve et du blanc jasmin.
 
Émus, dans ces voluptés enivrantes
Mon âme juvénile, se laissait vagabonde.
Dans un esprit serein, d’illusions délirantes
Me porter vers des étendues fécondes.
 
Au fond du jardin, ce petit banc de bois,
Complice de mes douces chimères
Sur lequel je me complaisais parfois  
Sous la tépidité d’une chaleur printanière.  
 
Je m’inventais un monde mirifique.
Dont les lointains lumineux et veloutés
M’invitaient dans un voyage homérique
Sur de vastes horizons et chemins enchantés.
 
La riche lumière d’un rayon charmeur
Sanctifiait l’instant de ma rêverie,
Jusqu’à l’idéal, dans cet état songeur
Le regard sibyllin, la paupière dans l’infini.
 
 Emporté par le reflet de ces beaux paradis
Jusqu’au bord de ces somptueux rivages,
D’un sursaut à regret, du réel à mon utopie
Je quittais l’imaginaire, au présent de mon âge.
 
Je me souviens de cette petite masure de pierre.
Du long jardin rempli de fleurs écloses
Avec ses bordures envahies par le lierre
Je me souviens du doux parfum de ses roses.
 
Cette odeur du temps, que je n’ai pas oublié
Ces instants perdus, ce petit banc qui n’est plus
Souvenirs en ma mémoire de mon lointain passé
Accroché sur ma vie, tel un tableau infiniment suspendu.



vendredi 4 octobre 2024

L'ECHO DES RIMES


Peut être, n’avez vous pas un seul instant
Sur le plus doux de mes mots, compulser ma rime
Parcourrir l’espace jusqu’à mon sonnet intime,
Au silence du grimoire, mon septain émouvant.
 
 Même si un peu court, le verbe à vous offrir
Conjugué humblement, en mon quatrain
Pensé avec mon cœur, écrit avec ma main
 Sait t’il au présent vous attendrir.
 
En vos soirées solitaires les avez vous lu?
Ces secondes de bonheur et de tendresse
Interlude à l’amour, n’ayant de cesse
L’harmonie de vers, poème impromptu.
 
Il suffit de presque rien, un mot, et du silence,
Pour colorier intime, profond tout un esprit
De toute mon âme, au soupir de ma poésie
Je vous souffle l’effusion de ma confidence. 


lundi 20 mai 2024

JE PLEURE

 



Je pleure le temps de notre tendre enfance.
La sagesse de nos âges, à nos premiers ans
Où nos cœurs en cette neuve insouciance
S’unissaient sous notre plafond blanc.
 
Ces jours disparus qui nous ont fait grandir
A ces instants féconds, nos élans partagés
Qui faisait notre joie, parfois nos plaisirs
Je pleure le passé, nos jours anciens consumés.
 
Par ces aubes claires et ces printemps fleuris
Nous avons usé nos heures, sous des soleils radieux.
La volupté sur nos fronts juvéniles et sans plis
Je pleure ces années qui nous ont rendu heureux.
 
Je n’oublie pas chacune de ces heures perdues.
Ces minutes innocentes et ces émotions pures
Je pleure tout ce bonheur que nous avons vécu.
Dans le nid familial de notre sombre masure.
 
Sanglot d’adieu, nos belles années, je les pleure
Nos ans évanouis, nos caprices d’autrefois
Tant de rêves échoués, de parfums de couleurs
Que nous avons respiré et consommé à la fois.
 
Je vais delà, l’esprit à nos bons souvenirs.
De ce temps qui fit nos douces chimères
Sur la sente de nos vies, il n’est plus ton sourire
Mais il reste le silence de ton odeur légère. 



lundi 1 avril 2024

AUX ARBRES






Vous qui remplissez nos forêts et nos bois,
Verticaux élancés, aux plus prés des cieux,
Si nobles, si imposants et beaux à la fois,
Vous êtes géants, souverains, et majestueux.

Hauts piliers, immobiles sur l'horizon,
Sous une tignasse feuillue à ciel ouvert,
Que la brise fugitive, en légères ondulations,
Berce dans la sérénité vos bouquets verts.

Autant de saisons, hiver et été,
Sur vos troncs secs ou mouillés de pluie. 
Les caprices du temps, infiniment, répétès
Ont creusé leur griffe sur votre écorce endurcie.

Ramures gigantesques et ses feuilles premières,
Aux prémices lueurs où tout est renaissance,
Sur le bourgeon naissant, la tendre lumière,
Verses en rumeurs printanières, sa douce fragrance.

Séculaires, témoins de notre histoire,
Phénix ancestraux, prédominants mystiques,
De votre racine, au sommet de votre gloire,
Je respire le battement de vos bois obliques.

 

 

 

 


vendredi 9 février 2024

QUE RESTE T'IL ?

 



L’âme en tumulte, de maints maux et supplices
En Sourdes, plaintes, sous un regard perdu
Un peu plus chaque jour étire ses sévices
Tel un filin vicieux, hostile et tendu.
 
Dans le calice amer de la souffrance
La Morne, douleur a raison de ce mal
Et dans ce conflit la funeste abondance
Pousse l’âme vers un aboutissement fatal.
 
Sous les cieux dans un esprit vaincu
Acceptant le rayon des chaleurs dernières
Par le chemin singulier du présent vécu
Au divin silence de l’éternelle lumière.
 
Indicibles sanglots étouffés de désespoir
En ce cruel combat jusqu’au dernier soupir
L’aube naissante sous un horizon noir
Laisse lentement la mort s’épanouir.
 
Dernier souffle, oppressé d’un adieu
Instants funèbres, quand la vie s’en va  
Pour l’infini, de l’autre côté des cieux
Il ne reste rien que l’odeur du trépas.